Le Caire 14 novembre 1860. Mon cher et honorable ami, Il y a bien longtemps que je n'ai reçu de vos nouvelles; il est vrai que depuis fort longtemps aussi je ne vous ai pas écrit car ma dernière lettre laissée à mon passage à Malte à la suite de mon précédent séjour en Egypte, date déjà de trois mois au moins. à cette époque les chaleurs du désert et d'alexandrie m’avoient fatigué et j’avais une jaunisse dont j'ai été me remettre à ma campagne du tèrre. Aujourd'hui J’ai pris ce nouvelles forces et je me porte aussi bien que notre canal dont l'état est parfait. Pendant mon absence l’un a fait beaucoup de choses; nos dragues et d'autres machines suit installées, l’eau douce arrivé au milieu de l'Isthme pour alimanter nos travailleurs et j’espère bien qu'avant le mois de mai nous parviendrons à mettre la méditerranée dans le Lac Timsah par un canal provisoirement réduit à de petites dimensions le reste jusqu'à la mer rouge sera ensuite l'affaire de cinq à six moi. Je déplore toujours la mort de notre excellent Baron de Bruck et je vous avance que depuis cette perte je ne compte plus sur le concours financier de l'autriche dont nous servirons les intérets sans qu’il lui en couté rien ainsi que le disait un jour dans votre salon et à son point de vue égoiste un de vos premiers banquiers de Trieste dont je ne me rappelle plus le nom. Au surplus ainsi que je vous l'avais annoncé où le début vous devez vous le rappeler les actionnaines français qui paient toujours accompliront avec leurs capitaux la presque totalité de l'éntreprise le vice Roi fera le reste et tout le monde en profitera. Vous ne trouverez pas mauvais mon cher ami, que j’en veuille à votre gouvernement pour la conduite envers le Baron de Bruck et envers vous et que je n'aie pas une grande confiance en lui. En ce qui vous concerne n'avez jamais pensé que mes sentiments pour vous aient pu varier d'une ligne: je vous regarderai constamment comme un de mes meilleurs et plus fidèles cooperateurs à la grande oeuvre du Canal de Suez. Veuillez ne pas m'oublier auprès de notre amis le chevalier Seriafi et agrée la nouvelle expression de mes sentiments les plus affectieux& devoués, Ferd. de Lesseps