Société d'études du Canal de Suez. Rue de la Victoire, 34. Paris le 27 Nov(embr)e 1847 Mon cher Collègue, M(onsieur) Stephenson me fait parvenir la Copie de la lettre qu'il vous a écrite. J’ai regretté d’abord bien vivement ces impossibiltés qui nous privaient des avantages de ce voyage à trois, et pourtant, en y réfléchissant plus mûrement, il me semble que nous saurons tirer parti de cette position forcée. Ainsi que vous le dit M(onsieur) Starbuck, J’ai pensé que la Chose importante pardessus tout, etait que vous vous entendissiez tous trois, après avoir vu, pour ainsi dire, chacun à votre manière la totalité des Études, et les lieux. Il m’a paru cette entente devait s'opérer chez vous à Vienne, plutot qu’en Angleterre ou en France; Enfin je crois que le projet définitif sera d’autant mieux arrêté entre vous trois que l’un de vous en aura d’abord préparé tous les Elémens, tandis que les deux autres seront encore occupés à visiter les lieux. Supposez en effet que vous soyez partis tous les trois; Il me semble qu’à votre retour il aurait fallu encore vous ajourner à une nouvelle entrevue, pour laisser à l’un de vous le temps de préparer les bases du plan et du devis définitifs. Or, nous voyons combien il est difficile de vous réunir tous les trois. Je crois donc que si vous pouvez effectuer votre voyage en Janvier, c’est à dire lorsque vous aurez déjà pu prendre connaissance des principaux résultats des Études de la brigade Française, vous pourriez à votre retour en Février, ayant sous les yeux toutes les Etudes et connaissant parfaitement les lieux, préparer cet avant-projet sur lequel Stéphenson et Talabot s’entendraient avec vous, à leur retour d’avril. Si vous adoptez, comme je l’espère cette solution, veuillez m’en prévenir, en m’indiquant la somme que je devrai mettre à votre disposition pour votre voyage. Je serai bien heureux si vous lui donnez la même direction, c’est à dire, si vous passez par Paris et par Nismes. Vous trouveriez à Nismes la Brigade de Talabot; Elle sera de retour vers le 15(Décem)bre; et vous prendriez connaissance de ses travaux. Recevez, cher Collègue, la nouvelle assurance de ma bien sincère affection P Enfantin Je reçois à l'instant copie de la lettre que M(onsieu)r Talabot vous a écrite le 23(Novem)bre elle devient inutile d'après celle que vous avez reçue de Stephenson. J'ai pourtant besoin d'ajouter, cher Collègue, qu'en effet la situation de Paulin Talabot est des plus délicates Vis à vis des compagnies dont il est le directeur, et qu'il braverait les reproches les plus vifs et il faut bien le reconnaître, les plus fondés, si, dans des circonstances aussi graves que celles où nous sommes, et quittait son poste pour aller en Egypte. Je vous demande en grace de vouloir bien poser plustot encore avec votre coeur qu'avec votre excellent esprit les difficultés de notre position. Monsieur Negrelli Conseiller Impérial, Inspecteur gén(ér)al des Chemins de fer du Nord Herrengasse Vienne Autriche Paris 27 Nov(ember) 1847 empf(angen) 4.(Dezem)ber Enfantin in Betreff der Abreise nach Egypten.