A M(essieu)rs M(essieu)rs Alexis Barrault, ingénieur et Émile Barrault à Paris Messieurs! L’article intitulé“le Canal de Suez et la Question du Trace”, dont Vous avez bien voulu m’adresser le résumé par la lettre du 30 Décembre dernier en repoussant justement l’idée du Trace indirect, qui traversant le Nil au dessus du barrage fait en creusant un canal à travers de la riviére, soit au moyen d’un pont Canal détruirait le système hydraulique du Deltha sans toucher le Caire, ádmet le percément de l’Isthme depuis Suez j‘usqu’ au lac Menzalch tout pris du golfe de et l’établissement d‘un autre Canal de Navigation et d’irrigation Du Caire au lac Timsah, et ne devie du Trace jadis proposé par la Société d‘Études du Canal de Suez et dernièrement par les Ingénieurs du Viceroi d’Egypte, que seulement tout pris du litoral du su[s]dit Golfe dans la supposition de grandes difficultée[s] pour la construction d’un port de mer, que le fond de 8 mètres, voulu pour le tirant d’eau ne se remontre qu’à une distance de 8 kilomètres de la côte. Pour éviter donc telles difficultés Vous proposez d'établir un canal tout le long la côte et paralelle à la Mediterranée qui du Golfe de Pèluse ab[ou]tirait dans le port neuf d’Alexandrie, et qui par un second Canal, que Vous appellez Rigole, serait abriter des recomblements[?] inévitables, par le mouvement naturel des eaux[unleserlich] du Nil. [unleserlich] Vous me permettez d‘observer sur les raports de ceux deux canaux paralelles à la côte de la Mediterannée, que les expériences faites au par au sur le canal Mahamudie, qui formerait la suite de Votre Canal-Rigole de la branche de Damiatte jusqu’ à Alexandrie ont prouvé à l’outrance, que chaque Canal établi à travers du mouvement naturel des eaux du Nil vers la Mer vient de combler par les dépositions inévitables du limon empêché par l’existence des canaux transversales dans sa marche, et qui les barrages proposées pour élever les eaux de la rivière à la hauteur de 8 Métres empècheraient d‘ailleurs ou difficulteraient au moins la Navigation du Nil à la mer et viceversa dans les branches de Rosette, et de Damiette, tandis que le départ de Votre Canal de Navigation maritime du port neuf d’Alexandrie ne serait pas admissible, parce que ce port, reconstruit uniquement pour l’usage limité de l’arsenal de guerre d’Alexandrie, n’offre aucune sûreté aux navires marchands, qui, en consequénce l’évitent, et cherchent de s’abriter dans le port vieux, dont l’entrée, comme Vous n’ignorez pas, est aussi difficile et même dangereuse. Je me permets aussi de Vous observer, que le gain de 500.000 hectares des terrains marécageux à la cultivation, au quel l’on ne peut pas y penser sans adopter, comme Vous proposez, un sistème général d‘indiquement du Nil n’offrirait pas, faute de bras pour les remuer et le cultiver, et à cause d’insalubrité par les exalations inévitables dans la partie inférieure du Delta, les avantages, dont Vous faitez mention, tandis que pour un développement de prospérité agricole de l’Egypte proportioné à sa population, et dans une zone salubre suffiront les grandes plaines de la [Badèe], et aux bords du lac à mer jusqu’à la mer Rouge près de Suez. Mais, abstraction faite de cettes difficultées d’autres rattachées à la construction d’un canal maritime sur les bords de la mer de Péluse jusqu’à Alexandrie, les dernières études pratiquées dans l’isthme de Suez et dans le golfe de Peluse, et l’inspection des lieux par la Com(m)ission internationale ont entièrement éclarci les conditions du golfe de Peluse, óu l’on a trouvé par les derniers sondages à 18 Kilomètres plus à l’ouvert de Peluse et à 2300 Mètres du rivage et non pas à 8.000 Mètres comme vous suposâtes, 8 Mètres d’eau dans une situation où la tenue pour l’ancorage est bonne et l‘appareillage facile, et abritée à l’est par le Cap Gerreh, et à la l’ouest par la pointe de Damiette dans un parage où tout navire qui ne peutdent pas entrer dans le Nil à la branche de Damiette pendant les orages, vient d‘abriter. La position exacte de l’embouchure du grand Canal maritime de Suez dans le golfe de Peluse se trouve dans la prolongation de la grande ligne droite recte par Vous proposée pour le percement de l’isthme entre les lacs Timsah et Mengalch jusqu’à la Meer, ligne proposée aussi par la Com(m)ission internationale en substitution de la ligne exposée dans l’avant projet des Ingenieurs du Viceroi d‘Egypte, et que je tiens pour la plus opportune à la solution de la question de l’établissement de la com(m)unication directe entre les deux mers. Du reste le Viceroi d’Egypte n’avait pas imposé à la dite Com(m)ission des conditions sur les tracés directs, ou indirects du Canal maritimes: la Com(m)ission était entièrement libre dans son jugement, et les hommes, par les quels elle était composée ne sont pas de nature à se laisser imposer des conditions sur leur jugement quelconque, et moins encore sur une question d’une importance de si haute portée. Agréez M(essieur)s les expressions de ma reconaissance, et de la haute estime, avec laquelle j’ai l’honneur d’être Votre[unleserlich] 6 Février 1856.