Réponse aux lettres de M(onsieu)r de Lesseps du 12, 15 et 19 Janvier 1856. Vienne le 7 Février 1856 Monsieur le Ministre! J’ai reçu vos lettres du 12, 15 et 19 Janvier dernier, et je m’empresse d’y répondre. D’abord, je partage vôtre opinion sûr votre retour en Europe: votre présence à Paris pendant les tractative négociations pour la paix générale est bien plus nécessaire qu’en Egypte ou à Con- stantinople, vu que la question du percement de l’Isthme doit faire partie du traité de paix, ou en former l’heureuse cloture, selon l’avis du doyen de la Diplomatie le Prince Metternich, et du Ministre Baron de Bruck, qui ont déjà fait des démarches analogues. L’avis contenu dans la lettre du 15 Janvier fut publié dans le Journal Ministériel l’Austria Les Notes dirigées à M(essieu)rs Linant Bey, et Edhen Pacha sur les instructions des membres de la Commission internationale sont en pleine règle et nous en atten- drons avec plaisir les rèsultàts. Nous sommes charmés de Vous serrer la main prochainement en Autriche, òu nous tâcherons de pousser l’affaire de l’Isthme avec la sérieuse fermeté qu’il exige. L’autorisation de la Porte pour l’execution du Firman du Viceroi n’est pas nécessaire tant que la Porte et toutes les puissances de l’Europe assumeront la question dans le traité de la paix universelle, et j’éspère que la question d’argent se réduira bientôt en question du tout secondaire. L’exemplaire du firman et des Statuts modifié sont dans les mains du Ministre Baron de Bruck, et à Votre arrivée à Vienne ses observations eventuelles seront apprêtées. Madame de Negrelli, qui attend dans quelques jours ses couches est charmée d’avance de faire Votre connaissance personelle et mes fils se prêtent à marcher sur les traces de Votre charmant et aimable Carlito. Après le départ de Trieste je n’ai plus eu de nouvelles de nos amis de Paris, òu un certain H. de la Madelène, et M(onsieu)r Alexis Barroult ont publié des brochures contre le percement de l’Istme, Et persiflé indignement le rapport de nos amis Linant et Maugel Beis. Par ordre du Ministre Bar(on) de Bruck, auquel M(onsieur) Barrault avoit dédié sa brochure, je lui ai répondu très catégoriquement, et en relevant les fausses suppositions qu’il avait prises pour basis de ses propositions prèsque étourdies, et ridicules. Agréez, M(onsieu)r le Ministre l‘expression de la plus haute estime, et de mon plus sincère et amical dévouement Negrelli