Vienne 31mars 4 avril 1856 M(onsieu)r le Président! cher collègue! Contemporanéament à Vôtre bonne et belle lettre du 26 Mars j’ai reçu de la part de M(onsieu)r de Lesseps de très récentes nouvelles de Paris, où nos affaires semblent marcher entièrement à seconde de nos attente aspectations, et l’intérêt, qu’on en prend en Europe presque universellement fait ressaillir d'un nouvel éclat le souvenir de notre voyage en Egypte. La question tecnique a été résoute par la Com(m)ission intérnationale en Egypte- la question financière est plus que resoute par la subscription sérieus[e] qu’on s’empresse de faire préalablement aussi sans qu'invitation soit faite et la question politique et formelle, espérons là, aura été resoute avec la conclusion de la paix a Paris. Nous voilà donc lancés bien en avant après notre retour d’Egypte, et voilà bientot réalisée la possibilité de visiter directement en peu d'années àJava aux Indes vos enfants, qui comme vous m’apprenez, sont arrivés à Java le 6 Janvier après un voyage bien pénible. Le Canal de Suez rendra le voyage aux Indes bien plus facile, et l'empressement, la faveur par avec laquelle on exprime salue de toute part dessoufferdettespour la grande intraprise, en faciliterà l'exécution. La décoration de Grand Croix du Lion Néerlandais envoyée par Votre Roi au Viceroi d’Egypte est le comencement des preuves ostensibles de cette faveur. M(onsieu)r Pahud, qui en était le porteur, est passé par ici il y a quelques jours. Il visita les Ministres, et il put connaître par soi-mêne l’intérêt que l’Autriche porte pour l'exécution du Canal de Suez- et si la Hollande veut marcher d'accord avec nous, l'on ne serait pas étrange ici à l’établissement préalable d'une navigation à Vapeur sur la mer Rouge, pour faire comprendre aux Anglais, qu'ils ne sont paslesseulsqui pas les élus des Dieux pour maîtriser la dite Navigation. si notre gouvernement peut pourra pressentir quelque inclinaison de la part du Gouvernement Néerlandais, alors il s’empresserait d’entamer les négotiations relatives. J’avais d'éjà appris par les Journaux, Votre réception chez l'Empereur Na- poléon à Paris, et je vous félicite de la marque de confiance dont Vous a bien méritement honoré S(on) A(ltesse) le Viceroi d'Egypte. La translocation du lieu de notre Réunion de Londre[s] à Paris me va parfaitement, et je serai prèt à y assister à la première invitation. Le sommenentqu dessin de l’assemblée de Biban et Malouk dont vous avez bien voulu m’en envoyer une copie, est un souvenir précieux de notre voyage dans la haute Egypte, et je vous en remercie de tout mon cœur, en me réservant de vous donner copie du dessin de la Grotte de la Vierge faite par M(onsieu)r Kubli avec boucoup de bon goût, et qui est aussi bien intéressant. J'espère que S(a) M(ajesté) l’Impératrice Marie-Anne ferait rétablir dans un éclat digne de la sublime tradition cette grotte, qui servit jadis d'asil à la Sainte famille du Sauveur du Monde. C'est bien déplorable, la perte brusque et inattendue de ce pauvre M(onsieu)r Reÿnier, fourni dé tant de talents, et de santé. En attendent votre appèlle à la réunion de Paris, j’ai le plaisir de Vous participer, que Madame de Negrelli me fit cadeau d'une robuste fi enfant la même nuit des couches de l'Impératrice Eugénie, et qui la mère et la fille jouissent de la meilleure santé. Agréez, M(onsieu)r le Président, cher Batave, bon collègue et honorable ami, l'assurance de toute mon estime de la plus sincère, et amicale Tout à Vous N(egrelli)