À M(onsieu)r B(arthélem)y St. Hilaire Rue Richepance 9 Paris. Vienne ce 2 Mai 1856. Très-cher et honorable ami! Je m’empresse de répondre à la lettre du 25 Avril, dont le précieux contenu a été comuniqué immédiatement aux Ministres des Finances et du Commerce, et au Prince Metternich. Ils étaient touts charmés comme moi de voir l’Empereur Napoléon entrer si avec tant de précision dans l’affaire, et à mettre presque [calé] Lord Clarendon qui joua dans l’interessante conversation un rôle bien mesquin vis à vis de l’Empereur, et du Grand Visir Aali-Pacha. Maintenant j'ai réitéré mes offices pres auprès les ministres pour faire renouveler les instructions aux représentants de l'Autriche à Londres et à Constantinople, et sidebaignets duComteWilawskiensuitela apuyant sur les articles 7, et 9 du traité de paix du 30 Mars dernier, qui garantissent l'intégrité et l’indépendance de la Turquie, je crois qu’il faudrait exploiter les bonnes intentions d’Aali-Pacha, et de son maître à Constantinople pour faire aboutir notre affaire le plus tôt possible. Et selon ma manière de voir il faudrait que M(onsieu)r de Lesseps aillele et le ministre du Viceroi aillent allassent le plus tôt possible à Constantinople, car dans le moment l'influence de Lord Stratford de Redclife est bien éclipsée, et le Sultan et son conseil plus disposés que jamais d'accomplir les désirs exprimés par l'Empereur des Français dans l'intéressante conversation du 13 Avril. Et de notre côté, il me semble bien pressant de nous réunir à Paris pour complotter les pièces préparatoires pour la formation de la Société universelle d’exécution. Veuillez, je vous en prie, parvenir comuniquer à M(onsieu)r de Lesseps où il se trouve, l’avis exposé ci- dessus, et me tenir toujours au courrant de ce qui se passe à Paris, comme non moins en Egypte, car après nôtre départ, je n'ai plus réçu des nouvelles directes, ni de M(onsieu)r Linant, ni de M(onsieu)r Maugel. Tout à Vous Negrelli