Chateau du Mers, Vreeswyk 7 Juin 1856 Mon cher Collègue et très honorable ami, En même temps que votre lettre du 1° de ce Mois, j'ai reçu une lettre de M(onsieu)r de Lesseps, par laquelle il m'informe que la réunion genérale de la commission aura lieu à Paris rue Richepance N(uméro) 9. le 24 Juin à une heure. – Vous aurez reçu une lettre pareille. M(onsieu)r de Lesseps ajoute que ceux des membres qui seraient libres, et qui voudraient devancer l’époque fixéé pour les déliberations etc. etc. pourront se rendre le 15 Juin à Paris. Ils pourront determiner les principales questions à examiner et regler l'ordre des séances. Comme je me trouve dans la cathégorie des membres libres, j’ai l’intention de me rendre à Paris le 15 de ce Mois, où j'espère déja trouver quelques membres. J'approuve fort cette réunion préalable parceque cela facilitera beaucoup les discussions quand la commission sera au grand complet. Vous aurez vu que la commission sera renforcé de quelques membres. J'aurais preferé de rester au nombre que nous étions. – Enfin peut-être le renfort sera bon pour combattre le canal d'eau douce des Anglais. – J’ai écris à M(onsieu)r Mac Clean pour lui demander les principes principales pour son canal d'eau douce, et pourquoi il le préferait à l’idée bien plus simple d’un canal creusé dans le sol. Je lui ai développé mes principes pourquoi je m’opposerais contre son canal d’eau douce, mais il ne m’a pas encore répondu. – Nous verrons ce qu’il proposera. – Il viendra assurement sous les ailes de M(onsieu)r Rendel, mais nous l’attendrons, car je suis curieux d'entendre les arguments pour cette idée qui me semble de plus en plus bizarre – D'après quelques nouvelles données sur les nouvelles observations de marée à Suez que j’avais demandés à M(onsieu)r Lieussou, j'ai calculé la vitesse moyenne dans le canal maritime, en le supposant ouvert, et je n'ai trouvé que 0,458 soit 0,46 mètres par seconde. Quelle idée que celle de M(onsieu)r Stephenson. Cela est tout à fait Anglais. Il finira de proposer un chemin de fer autour du monde, par lequel nous pourrons arriver un jour avant d’être parti. J'ai connu beaucoup M(onsieu)r R. Stephenson, je l’ai vu plusieurs fois à Londres en 1851. et il a été chez moi en Hollande, c'est vraiment un homme fort aimable, et capable aussi, mais il tombe dans les extravagances de [construction]. – Je me suis adressé au Ministre des colonies pour avoir tous les renseignements sures sur le mouvement commercial des Indes – Il m’a envoyé des états très détaillés sur le mouvement entre l’Europe et Java, dont je peux faire usage. Ce sont des renseignements fort exactes pour les années 1852, 1853 et 1854 – Je les apporterai avec moid à Paris.- Le Ministre des Colonies m'a [soumis] une quantité de questions relativement à la ligne qui passe par l'Egypte pour aller aux Indes, à la navigation de la mer Rouge etc. etc. – Je lui ai repondu tout ce que je savais, et j’ai fait une comparaison avec la ligne les paquebots qui tournerent le Cap, et demontré tout l'avantage de la ligne par l'Egypte. – Nous verrons si tout cela portera quelque fruit. pour que notre gouvernement fasse des ouvertures au votre, pour quelque entreprise austro-néerlandaise. Sur la mer Rouge. – Ce sera un bien grand plaisir pour moi de vous revoir bientôt à Paris, et de vous pouvoir assurer de vive voix que suis comme toujours Votre ami Batave Conrad. Mon sejour à la campagne, qui me fait beaucoup de bien pour ma santé, fera que je ne verrai pas S(on) A(ltesse) I(mpérial) l'archiduc Max(imilia)n ni M(onsieu)r le baron Doblhof. –