Paris, Rue Richepance 9 21 Avril 1856. Monsier et très honorable ami, Je crois devoir vous faire part, pour que vous en usiez selon que vous le trouverez bon, d'une circonstance grave, dont vous sentirez l'importance. Le jour où l'Empereur des Français a reçu Messieurs les Plénipotentiaires, le 13 je crois, le grand- Visir Aali-Pacha s'est approché de S(a) M(ajesté) après le diner et lui a demandé quelles étaient ses intentions à l'égard de l'affaire de Suez. L'Empereur a répondu qu'il attachait à cette entreprise un vif intérêt, qu'elle lui semblait aussi glorieuse qu'utile; et qu’il espérait bien que malgré quelques objections soulevées surtout en Angleterre, cette affaire aboutirait à bon terme. S(a) M(ajesté) a ajouté qu'il s'en [remettait] d'ailleurs à l'avenir, qui ne pouvait être très éloigné; qu'il ne [voudrait] point brusquer les choses; mais qu'il comptait détruire des préventions peu fondées. Le Grand Visir a répondu que son maitre attachait aussi une grande importance à cette affaire et qu'il serait heureux d'apprendre quelles étaient les intentions de son auguste allié. Quoique la Porte se réserve de faire quelques observations de détail, elle approuve cette entreprise qui ne peut être qu'[extremement] utile à l'orient tout à M. de Négrelli, mon père à Vienne. entier, et elle espère avoir sa part aux immenses avantages qui doivent en [sortir] pour tout le monde L'Empereur laissant le Grand Visir a fait appeler Lord Clarendon, et lui a raconté la conversation qu'il venait d'avoir, la demande qu'on lui avait faite et la réponse qu'il avait faite personnellement. Puis il a ajouté: Et vous, Milord, qu'en pensez vous? Qu'en pense l'Angleterre? Lord Clarendon un peu surpris à répondu que l'affaire était grave, qu'il n'avait point encore assez réfléchi, et qu'il n'avait pas d'instruction spinale: que d'ailleurs l'exécution était impossible. L'Empereur a répondu que non seulement elle était possible, mais qu'elle était facile: que la science Europénne avait prononcé par l'organe de ses représentants les plus autorisés: que lui même avait lu tout ce qui s’était passé sur ce grand sujet, et qu'il était convaincu de la possibilité d'execution et aussi de la facilité. Lord Clarendon insistant, l'Empereur a dit qu'alors il faisait l'hypothèse de la possibilité et il a demandé de nouveau ce qu'en penserait dans cette supposition le Cabinet anglais. Lord Clarendon a répondu que le Cabinet anglais n'y pouvait voir qu'un grand avantage au point de vue du Commerce anglais; mais qu'il lui restait des scrupules sérieux au point de vue des rapports futurs de l'Egypte et de la Turquie, du Vassal et du Suzerain. Il a terminé en disant que cette affaire méritait considération. L'Empereur n'a pas poussé plus loin. Vous voyez, très cher et très honorable ami, que cette ouverture de la part de l'Empereur a une très grande importance. Il est clair qu'il met un vif intérêt à notre succès, qui sera une gloire pour tous ceux qui pourront y contribuer. L'expression de son désir ne peut manquer de peser d'un grand poids soit à Londres soit à Constantinople. Je vous confirme ma dernière lettre, et je vous prie, si vous le pouvez, de m'indiquer le plus tôt que vous le pourrez des correspondants intelligents daprès des journaux allemands, et je [désirerais] surtout des relations avec la Gazette d'Augsbourg. Je n’ai pas besoin de vous dire que vous pouvez compter sur la parfaite exactitude des détails si graves que renferme cette lettre. M(onsieur) de Lesseps est toujours à Londres où tout va bien. Ma réponse à la Revue d'Edimbourg va paraître ici dans la Revue Britannique du 1er Mai, et en même temps à Londres en Anglais avec les procès- verbaux et les statuts. Votre tout dévoué, B(arthelemy) S(aint) Hilaire. À M(onsieu)r B(arthélem)y St. Hilaire Rue Richepance 9 Paris. Vienne ce 2 Mai 1856. Très-cher et honorable ami! Je m’empresse de répondre à la lettre du 25 Avril, dont le précieux contenu a été comuniqué immédiatement aux Ministres des Finances et du Commerce, et au Prince Metternich. Ils étaient touts charmés comme moi de voir l’Empereur Napoléon entrer si avec tant de précision dans l’affaire, et à mettre presque [calé] Lord Clarendon qui joua dans l’interessante conversation un rôle bien mesquin vis à vis de l’Empereur, et du Grand Visir Aali-Pacha. Maintenant j'ai réitéré mes offices pres auprès les ministres pour faire renouveler les instructions aux représentants de l'Autriche à Londres et à Constantinople, et sidebaignets duComteWilawskiensuitela apuyant sur les articles 7, et 9 du traité de paix du 30 Mars dernier, qui garantissent l'intégrité et l’indépendance de la Turquie, je crois qu’il faudrait exploiter les bonnes intentions d’Aali-Pacha, et de son maître à Constantinople pour faire aboutir notre affaire le plus tôt possible. Et selon ma manière de voir il faudrait que M(onsieu)r de Lesseps aillele et le ministre du Viceroi aillent allassent le plus tôt possible à Constantinople, car dans le moment l'influence de Lord Stratford de Redclife est bien éclipsée, et le Sultan et son conseil plus disposés que jamais d'accomplir les désirs exprimés par l'Empereur des Français dans l'intéressante conversation du 13 Avril. Et de notre côté, il me semble bien pressant de nous réunir à Paris pour complotter les pièces préparatoires pour la formation de la Société universelle d’exécution. Veuillez, je vous en prie, parvenir comuniquer à M(onsieu)r de Lesseps où il se trouve, l’avis exposé ci- dessus, et me tenir toujours au courrant de ce qui se passe à Paris, comme non moins en Egypte, car après nôtre départ, je n'ai plus réçu des nouvelles directes, ni de M(onsieu)r Linant, ni de M(onsieu)r Maugel. Tout à Vous Negrelli N° 173. Suez. Wien den 30. April 1856 M(onsieu)r Barthelemy St. Hilaire theilt eine sehr interessante Conversation zwischen Kaiser Napoleon, Aali-Pascha, und Lord Clarendon bezüglich der Durchstechung der Landenge von Suez mit d(e) d(ato) 25. April 1856 1. Seiner Excellenz dem kk. Herrn Minister des Handels Gewerbe u öff. Bauten Georg Ritter von Toggenburg 2. S. E. dem kk. H(errn) Finanz Minister Freyherr von Bruck Wien NB. Eine Abschrift für Seine Durchlaucht dem kk. Herrn Hauß, Hof, und Staatskanzler Fürst v. Metternich etc. A. Wien. 1. 2. Euer Excellenz! 3 . Euer Durchlaucht ! In der Anlage beehre ich mit einen Brief aus Paris vom 25 d. M. des Herrn Barthelemy St. Hilaire, Generalsecretair für die Suezer Canal-Angelegenheit, in Abschrift ehrfurchtvollst zu unterbreiten. Es ist von einer eindringlichen Unterredung darin die Rede, welche am 13n. d. M. zwischen Sr. Majestaet dem Kaiser der Franzosen, Aali- Pascha, und Lord Clarendon stattgefunden hat in Beziehung auf obige die Durchstechung der Landenge von Suez stattgefunden hat, und aus welcher der Wunsch des Kaisers, diese wichtige Unternehmung in nicht ferner Zeit verwirklichet zu sehen, deutlich hervorleuchtet. Cali Pasche Lrktrirtdensalbah weitzleih fein das die Inforte ees Ashoienfah Lord Clarendon erkennt seinerseits die Nützlichkeit derselben für den englischen Handel an, fürchtet aber, daß sie die Verhältniße zwischen Egypten und die Pforte zum Nachtheil der letzteren, stören könnte. Aali-Pascha theilt diese Meinung nicht, erkennt vielmehr, indem er die große Unternehmung für als im Wunsche seines Souverains wurzelnd erklärt, daß dem ganzen Orient daraus ein unermeßlicher Nutzen erwachsen könne. Diese Unterredung gewinnt meiner Ansicht nach an Wichtigkeit, als in den§ 7 u. 9 des Bündnisvertrages vom 30. v. M. die Integrität, und die Unabhängigkeit der Pforte von allen europaeischen Mächten gewährleistet ist, und ist die Pforte mit der Ausführung des Suezer Canals im Voraus einverstanden so ermnen dürfte der Augenblick sehr angemessen seyn, dieselbe zur Bestättigung des vom Vicekönigs bereits ertheilten Firmans zu vermögen, wobei kaum zu erwarten ist, daß die englische Regierung es wage, in diesem feyerlichen Momente die Hofe Pforte in der Ausübung ihrer Unabhängigkeit zu verhindern, oder auch von einem Gegenstand nur abzurathen, der von allen anderen pacacin betheiligten Staaten als allgemein nützlich, zweckmäßig anerkannt wird. Herr v. Lesseps wird demnächst in Gemeinschaft mit dem einem Minister des Vicekönigs v. Egypten diese Bestättigung in Constantinopel zu erhalten suchen und es dürfte der Vorgang an die an die kk. Internuntiatur mit dem erneuerten Auftrag mitgetheilt werden, die Bestrebungen des Herrn v. Lesseps in Einvernehmen mit dem französischen Gesandten von Thouvenel kräf(t)igst zu unterstützen. Wien den 30. April 1856. Negrelli Euere Durchlaucht! In der Anlage beehre ich mich einen in der Suezer Canal-Angelegenheit an die Herrn Minister des Handels und der Finanzen erstatteten Berichtes zur hohen, geneigten Kenntnißnahme ehrfurchtvollst und kräftiger Unterstützung ehrfurchtvollst in Abschrift zu unterbreiten. 30/4 56 Negrelli