Caire le 21 mai 1847. Mon très honoré Collègue, La lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire m’a causé une bien grande satisfaction puis qu'elle est pour moi le principe de relations précieuses qui me procureront surtout l'avantage d'être connu d'un homme dont le nom seul, est la plus haute recommandation; et si par la suite, j'ai le bonheur de pouvoir être votre collaborateur, tous mes vœux seront comblés. Quant j'ai étudié la question qui aujourd'hui me procure l'honneur d’être en rapport direct avec vous, j'avais en vue seulement d'être utile, je me croyais obligé à ce A Monsieur Louis Negrelli, conseiller imperial, Ingenieur Inspecteur Géneral. travail le regardant comme un des devoirs de ma position en Egypte; mais j'étais loin d'espérer que j'aurais pour recompense d'avoir projeter une si grande œuvre, l'esp= l'espérance d'avoir un jour votre amitié. Vous devez bien penser qu'aussitot avoir vu Monsieur Jassnüger qui m'a remis au Caire votre honorée lettre, je me suis empressé de faire pour le secrétaire en particulier, (n'ayant pas vu les autres membres de la Brigade), tout ce qui a été en mon pouvoir. Je l'ai présenté à Son Altesse le Vice-Roi, en compagnie de Monsieur Champion le Consul d'Autriche au Caire. Son Altesse a causée longtemps, et avec beaucoup de bienveillance a offert de faciliter les travaux de votre Brigade de tous ses moyens. Dans cette conversation avec Son Altesse le Vice-Roi, comme dans toutes les autres que j'ai eu précédemment à ce sujet avec elle, j'ai toujours remarqué, chose dont vous devez être prevenu, qu’elle rejetait presque avec humeur l'idée d'accomplir la grande œuvre de la communication des deux mers au moyen de compagnies, elle veut faire elle même le travail et quant le projet sera parfaitement terminé, en lui présentant avec ce projet un traité entre les grandes puissances européennes au sujet de cette grande oeuvre, le Vice-Roi fera le travail à ses frais; mais pré= préalablement il fait sentir, qu’il veut un traité. J'ai souvent remarqué aussi et cela se concoit fort bien que toute idée d'un arrangement avec la Porte ou des négociations d'une puissance en particulier avec Constantinople, au sujet de la communication des deux mers lui repugnait beaucoup, et je suis persuadé que si l'on agissait ainsi, ce serait le moyen de mettre de grandes entraves à la réussité du projet. J’aurais bien voulu accompagnez sur les lieux votre Brigade, mais ma position ici s'y oppose; car c'est le moment des travaux de canalisation. J'espère bien qu'a l'Automne lorsque vous viendrez en Egypte je serai plus libre, et je pourrai avoir l'avantage de vous accompagner dans l’Isthme. En attendant, veuillez croire à la vraie joie que j'ai éprouvé en recevant votre lettre, et aussi à la considération la plus distinguée de votre Serviteur très dévoué. Linant de Bellefonds