A Monsieur Monsieur Conrad, Ingénieur en Chef Batave, Président de la Com(mission) internationale pour le percement de l'Isthme de Suez à la Haye. Hollande. Vienne 15 mai 1856. Mon cher et honorable ami! J’ai reçu par M(onsieu)r le Baron Doblhof votre lettre du 14 avril, et je vous remercie des expressions amicales dont elle etait entremelée. Je ne puis pas comprendre que vôtre Gouvernement vous laisse en congé à cause d’une mission si importante aussi pour la Hollande sans vous payer vos appointements, quienvue lesquels considérant l'utilité de la mission même l'on devrait bien doubler. Pour trancher donc cette peinible situation il faudrait que Mr solliciter M(onsieu)r Lieussou à la compilation du rapport de détail définitif basé sur les Procès verbaux déjà publiés, et après je crois indispensable que nôtre réunion à Paris suive le plutôt possible, car chaque perte de temps ne peut être que nuisible à notre grande et belle entreprise. Et je crois que Vous pouviez bien appeller la commission à Paris pour la moitié du mois prochain, toujours après vous avoir entendu avec M(onsieu)r de Lesseps, déjà de rétour de l’Angleterre, tandis que le Cactus est attendu à Paris avec tout ce qui nous manquait et que nous avons ordonné en Egypte, vers la fin du mois de Mai. Le Baron Dobblof nous a entretenu des bonnes dispositions du gouvernement néerlandais pour l'institution d'une navigation à vapeur entre Suez et ses possessions aux Indes en attendant l’exécution du percement de l’Isthme, et d'activer après l’achèvement du chemin de fer d’Allexandrie à Suez. Nous causerons làdessus à Paris. Pourtant il serait bien desirable aise utile d'obtenir de la part da Votre Gouvernement quelques renseignements positifs sur le mouvement maritime et com(m)ercielle entre l'Europe et les Indes néerlandaises, car c’est seulement sur cette base que l'on pourrait fonder l'institution d'une Societé austro-néerlandaise ou austro-française pour trancher en quelque part le monopol éffronté de la mer Rouge aux Anglais. Si Vous pouvez donc vous procurer les renseignements vous pousseriez la question bien en avant. J’espéres que M(onsieu)r St. Hilaire vous aurait comuniqué la conversation que l’Empereur Napoleon avait le 13 avril avec le Grand Visir Aali- Pacha, et Lord Clarendon dont les craintes naives craintes pour l'integrité de la Turquie à cause du percement de l’Isthme de Suez ne sont pas partagées par l'homme malade, et d'ailleurs sont écartés par l'art(icle) 7. du traité de Paris du 30 Mars dernier. En attendent vôtre appel pour nôtre réunion à Paris, je vous serre cordialement la main, en vous priant d’agréer l’assurance de la sincère amitié de Vôtre ami d'Autriche Negrelli