26 Avril 1856 Mon cher Collègue et ami Je profite d’un voyage de M(onsieu)r le baron Von Doblhoff à Vieune pour vous répondre en quelques lignes su votre aimable lettre du 4 de ce Mois, qui m’a fait un bien grand plaisir, car j'y ai trouvé beaucoup de bonnes choses Une des prémières choses aux quelles je dois penser, C’est de vous féliciter de tout mon coeur du bon cadeau que Madame de Negrelli vous a fait. Je la souhaite tout le bien possible dans ce monde, et que vous et la mère la verront encore grande et belle etc. Moi qui me suis marié très jeune, j'ai le bonheur de voir tous mes enfants grands et mariés ou prêtes à se marier; c’est un bonheur il est vrai, mais aussi à la fin on se trouve délaissé. En second lieu je vous felicite de la nomination d’Inspecteur général des chemins de fer, dont vous m’informez dans un postscriptum. Il parait que cette nomination était une promotion pour vous. J'espère pour vous que c’est aussi une promotion finantielle. J'en ai fait faire mention dans un journal hollandais. Qu'après votre retour d'Egypte S(a) M(ajesté) l’empereur vous avait nommé Inspecteur genéral etc etc. C’était cun peu de malignité de ma part, parce que notre gouvernement n’avait encore rien fait pour mes finances, après mon retour d’Egypte, et qu'on me laissait en congé, aussi longtemps que possible, pour ne pas devoir payer quelques mois d'appointements; car depuis le premier Janvier je suis sans traitement, et pourtant l'on trouve très facile de me charger de temps en temps de quelque commission difficile, comme je viens d’en reçevoir une pur les Docks du [Nieuwenkep], et tout cela sans appedutément, c'est une téserie, dont seulement notre gouvernement est capable. Je crois qu’on pense ici: Le Vice roi d'Egypte y pourvoira, et nous en profiterons. Enfin le Vice Roi s’est montré en vrai fils du soleil pour moi, quand il m’a nommé son commisaire et je vous rencercie de votre felecitation. Mais tout cela ne donne rien encore, et Dieu sait quand en commenceront les fonctions. – M(onsieu)r Dobblof est très partisan, de la navigation à vapeur pour les Indes, par un chemin quelconque. Il vous en parlera assurement. Je profiterai de ce que vous m’avez dit sur les bonnes intentions de l'Autriche, en temps et lieu et chez les personnes convenables, tout cela avec la plus grande reserve, et je demontrerai l'interêt de la Hollande d'y sympathiser autant que possible. Il y a quelque jours j’ai donné des explications sur les trois projets de percement, dans notre institut des ingénieurs, en faveur de notre ligne directe. J’ai été écouté avec beaucoup d'interêt. M(onsieu)r de Saint Hilaire m'écrit sans la date du 14 de Paris: M(onsieu)r de Lesseps est partihier soir pour Londres, où il restera quelques jours, et oú il doit voir Lord Palmerston en compagnie de Monsieur Mac clean et de Mouedeur Charles Manby. Avant de partir il avait vu dans la journée Lord Clarendon,et il avait eu avec lui une conversation excellente. Lord Clarendon lui a déclaré qu'au point de vue de l’intéret anglais, il approuvait tôt à fait l’ouverture de l'Isthme de Suez, et i l'autorisa à le déclarer hautement à tout le monde en Angleterre et ailleurs. Le seul Soupate qui reste au cabinet anglais est relatif aux ombrages que la Porte pourrait prendre de l'importance nouvelle que le Vice Roi pourrait acquérir par le canal de Suez. M(onsieu)r de Lesseps a répondu qu'il pourrait répondre des bonnes dispositions de la Porte, et en effet l’on avait de ce côté les meilleures nouvelles. J'ai reçu de M(onsieu)r Lieussou l'épreuve imprimée des entraits de nos proces verbaux et je les lui ai renvoyé avec quelques observations. Il est temps que le public reçut quelque chose de nous- Preparons nous alers au feu meurtrier de M(onsieu)r Talebot. Voila où en sont les nouvelles de notre grande affaire pour laquelle je continue de professer le plus grand enthousiasme. Je serai heureux le jour qu'on me dira, que la compagnie peut se constituer définitivement. Aprèsent je dirai avec l'Arabe: Dieuleveut. et j'ai toute confiance en lui. Mon cher collègue, recevez je vous prie l'assurance de mes sentiments distingués, et de la sincère amitié de votre ami batave, Conrad. 16 Au(gust) 1856 A Monsieur Monsieur Conrad, Ingénieur en Chef Batave, Président de la Com(mission) internationale pour le percement de l'Isthme de Suez à la Haye. Hollande. Vienne 15 mai 1856. Mon cher et honorable ami! J’ai reçu par M(onsieu)r le Baron Doblhof votre lettre du 14 avril, et je vous remercie des expressions amicales dont elle etait entremelée. Je ne puis pas comprendre que vôtre Gouvernement vous laisse en congé à cause d’une mission si importante aussi pour la Hollande sans vous payer vos appointements, quienvue lesquels considérant l'utilité de la mission même l'on devrait bien doubler. Pour trancher donc cette peinible situation il faudrait que Mr solliciter M(onsieu)r Lieussou à la compilation du rapport de détail définitif basé sur les Procès verbaux déjà publiés, et après je crois indispensable que nôtre réunion à Paris suive le plutôt possible, car chaque perte de temps ne peut être que nuisible à notre grande et belle entreprise. Et je crois que Vous pouviez bien appeller la commission à Paris pour la moitié du mois prochain, toujours après vous avoir entendu avec M(onsieu)r de Lesseps, déjà de rétour de l’Angleterre, tandis que le Cactus est attendu à Paris avec tout ce qui nous manquait et que nous avons ordonné en Egypte, vers la fin du mois de Mai. Le Baron Dobblof nous a entretenu des bonnes dispositions du gouvernement néerlandais pour l'institution d'une navigation à vapeur entre Suez et ses possessions aux Indes en attendant l’exécution du percement de l’Isthme, et d'activer après l’achèvement du chemin de fer d’Allexandrie à Suez. Nous causerons làdessus à Paris. Pourtant il serait bien desirable aise utile d'obtenir de la part da Votre Gouvernement quelques renseignements positifs sur le mouvement maritime et com(m)ercielle entre l'Europe et les Indes néerlandaises, car c’est seulement sur cette base que l'on pourrait fonder l'institution d'une Societé austro-néerlandaise ou austro-française pour trancher en quelque part le monopol éffronté de la mer Rouge aux Anglais. Si Vous pouvez donc vous procurer les renseignements vous pousseriez la question bien en avant. J’espéres que M(onsieu)r St. Hilaire vous aurait comuniqué la conversation que l’Empereur Napoleon avait le 13 avril avec le Grand Visir Aali- Pacha, et Lord Clarendon dont les craintes naives craintes pour l'integrité de la Turquie à cause du percement de l’Isthme de Suez ne sont pas partagées par l'homme malade, et d'ailleurs sont écartés par l'art(icle) 7. du traité de Paris du 30 Mars dernier. En attendent vôtre appel pour nôtre réunion à Paris, je vous serre cordialement la main, en vous priant d’agréer l’assurance de la sincère amitié de Vôtre ami d'Autriche Negrelli