Chateau du Mers. 6. Oct. 1856. Mon très cher et très honorable ami, je pars le 10 de ce Mois d’ici, et j'arriverai en quelques jours à Vienne. Je compte y rester quelques jours ainsi qu'a Triest, pour partir de cette dernière ville avec le bateau du 27 Octobre. J’aurai donc quelques jours à Vienne et à Triest, qui me seront necessaires pour quelques informations que je compte y prendre, et dans lesquelles vous pourrez m'aider beaucoup Une communication confidentielle de notre Ministre des colonies me pose les deux questions suivantes. 1.) Donner des informations, quelles mesures notre gouvernement devra prendre, en consideration du percement de l'Isthme de Suez, pendant qu'il s’apprete à contracter an service acceleré par la voie du cap ou que notre gouvernement entre en negociations avec l’Autriche sur le service de Suez à Sincapore, comme il parait qu'on aurait l'intention de de cencurrer avec le transit Company Anglais. 2). Prendre des informations à Triest sur les intentions de l'Autriche concernant ces affaires. Il est superflu de vous dire, que tout cela s’est traité tout à fait confidentiellement avec le Ministre. j'ai été heureux de recevoir votre lettre du 22 Sept(embre) par laquelle je vois avec plaisir qu’on pense serieusement chez vous à reprendre les négociations. Je les appuyerai autant que je le pourrai, et autant que j'y serai melé. Ce sera un grand honneur pour moi de pouvoir présenter ma fille à Madame Negrelli et je serai char-mé de faire sa connaissance. Je pars d’ici avec l’ame tranquille, car je viens de recevoir aujourd'hui même de bonnes nouvelles des Indes de tous mes enfants, elles datent du 10 Aout. Je vous remercie beaucoup de vos félicitations. J’ai déjà renvoyé à M(onsieu)r Saint Hilaire les épreuves corrogées du rapport. Il m'écrit que Messieurs Renaud et Lieussou sont aussi retournés à Paris, qu'ils ont relu ensemble le rapport avec Mougel Bey, et qu’avec quelques corrections le tout à été aussi approuvé par eux. Je suppose donc que les épreuves corrigées peuvent être arrivées en vos mains, et que vous pouvez avoir la le rapport quand j'arriverai chez vous. M(oniseu)r Saint Hilaire me promet de m'envoyer un exemplaire corrigé à Vienne ou à Triest au plus tard, afin que j’en puisse en emporter un avec moi le 27. Le volume complet pourra être apporté par M(onsieu)r de Lesseps qui partira le 10 Novembre pour l'Egypte. Je ne puis pas partir en même temps que lui, par-ceque toutes mes affaires sont arrangées ici, et qu’on m’attend en Egypte avec quelque impatience, et que je veux bien y être quelques jours avant d’entrer dans les affaires qui m'attendent la bas, sur lesquelles il faut que je me concerte avec M(onsieu)r Buyssenaer notre consul general. M(onsieu)r d' Gravesaude Guicheret$$$ vous aura envoyé sa traduction hollandaise de votre brochure, du moins il m’a dit qu’il vous l’enverrait. Je compte sur vous pour me procurer de bonnes informations sur les questions qui m’ont été posées par notre Ministre des Colonies, et je me fais un bien grand plaisir de vous serrer bientot la main. Croyez moi toujours. Votre affectionné ami Conrad. Mon séjour en Egypte ne peut-être longtemps, parce qu'on m'attend ici de retour avant le premier Janvier 1857 Il s’apprete une nouvelle organisation chez nous de notre corps des ponts et chaussées, et il parait qu’en à l'intention de me nomner Inspecteur. Ma position en Hollande exigera alors que je reprends plus activement mon service dans le corps. Nous verrons si ma santé permettra ces occupations qui sont assez accablentes, et je commence a languir après un peu de repos.