La Haÿe 26 Mars 1856. Mon cher collègue Il ÿ'a dejà bien longtemps mon très honorable ami, et cher camarade de Fente que à ne suis plus reveillé par le bl... bl... bl... etc. de nos chamaux que vous saviez imiter si admirablement, pendant notre voyage si beau et si gai que je n'oublierai jamais, et j'éprouve un besoin de vous ecrire quelques lignes sur la marche des affaires de la commission. Quant à l'affaire de la Compagnie elle peut vous être connue aussi bien, ou mieux qu'a moi, par le séjour que M(onsieu)r de Lesseps à fait à Vienne, ou sans doute vous aurez baucoup causé avec lui. Après nos adieux à Triëst, je me suis rendu, comme vous savez à Paris, avec nos collègues de France. Arrivé à Paris je me suis décidé d'y rester un mois pour pouvoir travailler à mon aise, avec nos amis Renaud et Lieussou aux préparations des documents qui devront être soumis à la commission, et à la revue des proces verbaux de nos Séances en Egypte. La famille m'est venue trouver à Paris, et est restée près de moi, pour me tenir compagnie, et pour profiter de cette occasion de voir Paris.- J'étais donc tout à fait à mon aise, et heureux de pouvoir travailler plus à loisir que l'on avait pu faire en voyage.- J'ai profité alons de mon séjour à Paris pour conférer autant que possible avec M(essieur)s Renaud et Lieussou, et donner, ou échanger des notes qui nous ont paru utiles pour notre commission. Il en resultera une extension de nos Proces verbaux et autres pièces, qui seront imprimés et soumis aux autres membres de la commission. M(onsieur)r de Saint-Hilaire s'est chargé de les faire imprimer et vous les recevrez le plutôt possible.- Ce sera le premier travail que la commission peut pouvoir faire paraître, si tout sera approuvé.- En attendant, l'on travaille au Memoire ou rapport détaillé qui ne peut par avancer sans autant, parce qu'il faut que nous aurons reçu préalablement les observatios que nous avons ordonné avant notre départ d'Egypte. M(onsieur)r Saint-Hilaire m'écrit qu'il est probable, que Mougel Bey arrivera à Paris dans trois semaines, et qu'il apportera alors toutes les données, et tous les documents exigés pour notre rapport.- Alors j'espère que le rapport pourra marcher vite et J’ai eu des nouvelles de mes enfants qui sont partis pour les Indes en Septembre de l'année passée. Ils sont arrivés à Java le 6 Janvier après un voyage bien pénible, mais Dieu merci ils y sont arrivés en bonne santé, et plein de courage. Mon fils unique partira encore cette année pour les Indes. J’espere que notre canal m’ouvrira bientot la route pour ces contrées lointaines, où j’aurai bientôt trois de mes chers enfants.- Vous voyez quel interet intime j’ai pour l'achevement du Canal de Suez.- Je n’entends rien de notre collegue Mac Clean. Est ce qu’il bouderait un peu parce qu’il a signé avec nous le rapport si concluant de nos conclusions unanimes.- Je pense qu’il se concertera avec Rendel pour nous proposer quelque projet impossible pour un grand Canal d’eau douce.- Je ne conçois pas, que quand on a deux Mers devant soi, l’on vas chercher les eaux d’autre part.- Pourquoi forcer la nature, quand la nature vous montre elle même le moyen le plus simple? Je viens de recevoir il y a quelques jours les Statuts de la compagnie universelle qui ont été approuvés par le Vice Roi. Il serait à désirer qu'on pouvait publier ce document partout. Je consulterai M(onsieu)r de Lesseps si l’on pourroit dejà publier ici ces Statuts.- II est d’une activité surprennante pour faire marcher une affaire si importante que le canal. Il m’écrit que l’appui le plus complet lui est assuré. Je serai bien content quand je verrai que la compagnie pourra se constituer d[é]finitivement.- Vous trouverez dans celle ci un de nos souvenirs de notre voyage. Rappelez le Batave quelques fois dans vos souvenirs et croyez moi mon cher collègue et honerable ami. Tout à Vous Conrad. Vienne 31mars 4 avril 1856 M(onsieu)r le Président! cher collègue! Contemporanéament à Vôtre bonne et belle lettre du 26 Mars j’ai reçu de la part de M(onsieu)r de Lesseps de très récentes nouvelles de Paris, où nos affaires semblent marcher entièrement à seconde de nos attente aspectations, et l’intérêt, qu’on en prend en Europe presque universellement fait ressaillir d'un nouvel éclat le souvenir de notre voyage en Egypte. La question tecnique a été résoute par la Com(m)ission intérnationale en Egypte- la question financière est plus que resoute par la subscription sérieus[e] qu’on s’empresse de faire préalablement aussi sans qu'invitation soit faite et la question politique et formelle, espérons là, aura été resoute avec la conclusion de la paix a Paris. Nous voilà donc lancés bien en avant après notre retour d’Egypte, et voilà bientot réalisée la possibilité de visiter directement en peu d'années àJava aux Indes vos enfants, qui comme vous m’apprenez, sont arrivés à Java le 6 Janvier après un voyage bien pénible. Le Canal de Suez rendra le voyage aux Indes bien plus facile, et l'empressement, la faveur par avec laquelle on exprime salue de toute part dessoufferdettespour la grande intraprise, en faciliterà l'exécution. La décoration de Grand Croix du Lion Néerlandais envoyée par Votre Roi au Viceroi d’Egypte est le comencement des preuves ostensibles de cette faveur. M(onsieu)r Pahud, qui en était le porteur, est passé par ici il y a quelques jours. Il visita les Ministres, et il put connaître par soi-mêne l’intérêt que l’Autriche porte pour l'exécution du Canal de Suez- et si la Hollande veut marcher d'accord avec nous, l'on ne serait pas étrange ici à l’établissement préalable d'une navigation à Vapeur sur la mer Rouge, pour faire comprendre aux Anglais, qu'ils ne sont paslesseulsqui pas les élus des Dieux pour maîtriser la dite Navigation. si notre gouvernement peut pourra pressentir quelque inclinaison de la part du Gouvernement Néerlandais, alors il s’empresserait d’entamer les négotiations relatives. J’avais d'éjà appris par les Journaux, Votre réception chez l'Empereur Na- poléon à Paris, et je vous félicite de la marque de confiance dont Vous a bien méritement honoré S(on) A(ltesse) le Viceroi d'Egypte. La translocation du lieu de notre Réunion de Londre[s] à Paris me va parfaitement, et je serai prèt à y assister à la première invitation. Le sommenentqu dessin de l’assemblée de Biban et Malouk dont vous avez bien voulu m’en envoyer une copie, est un souvenir précieux de notre voyage dans la haute Egypte, et je vous en remercie de tout mon cœur, en me réservant de vous donner copie du dessin de la Grotte de la Vierge faite par M(onsieu)r Kubli avec boucoup de bon goût, et qui est aussi bien intéressant. J'espère que S(a) M(ajesté) l’Impératrice Marie-Anne ferait rétablir dans un éclat digne de la sublime tradition cette grotte, qui servit jadis d'asil à la Sainte famille du Sauveur du Monde. C'est bien déplorable, la perte brusque et inattendue de ce pauvre M(onsieu)r Reÿnier, fourni dé tant de talents, et de santé. En attendent votre appèlle à la réunion de Paris, j’ai le plaisir de Vous participer, que Madame de Negrelli me fit cadeau d'une robuste fi enfant la même nuit des couches de l'Impératrice Eugénie, et qui la mère et la fille jouissent de la meilleure santé. Agréez, M(onsieu)r le Président, cher Batave, bon collègue et honorable ami, l'assurance de toute mon estime de la plus sincère, et amicale Tout à Vous N(egrelli)