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De Caen à Vienne : l'exposition universelle de 1873 : les exposants Normands : notes de voyage / par E. Chesnel
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Je vais me relire... pour essayer sur moi-même l’effet du soporifique.

Vienne, septembre.

Je suis fier aujourd’hui, comme si j’avais exécuté les douze travaux d’Hercule. Jugez en effet : je suis locataire à Vienne!!

J’ai trouvé chez un honorable commerçant de la Josefstadt, une fort jolie chambre, très-propre et à un prix fort modéré. J’ai pour colocataires un Améri­cain , deux Allemands et un gros rat blanc, dont la cervelle pointue ne loge qu’une idée fixe, celle de se couler dans ma valise, chaque fois que j’ai l’impru­dence de l’entr’ouvrir.

Mon mobilier ne mérite pas de description spéciale, sauf toutefois mon lit. Il comprend une couchette en bois trop courte, un matelas trop étroit, couvert d’une serviette en guise de drap ; l’oreiller est agré­menté de rubans et de nœuds ponceau ; la couverture se compose d’un couvre-pied piqué, sur lequel se replie et se boutonne 1 q drap de dessus. Ce système a l’avantage de laisser entrer l’air frais par les quatre points cardinaux du lit : au bout de cinq minutes, draps et couvertures ont disparu et vous vous trouvez sur le matelas. Le seul remède à cet inconvénient est de se rouler obliquement dans sa couverture, à la manière des soldats en campagne.