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De Caen à Vienne : l'exposition universelle de 1873 : les exposants Normands : notes de voyage / par E. Chesnel
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Les lits allemands ont d’autres vicissitudes : vous êtes couvert d’un drap sans surtout et chargé d’un édredon immense. Avec l’édredon, vous roussissez ; sans l’édredon, vous grelottez. Terrible dilemme ! Après de sérieuses études, voici le procédé auquel je me suis arrêté, s. g. d. g. : vous roulez l’édredon et l’appuyez contre le mur ; puis vous vous couchez en appliquant contre ce moelleux calorifère votre dos, la partie la plus frileuse de votre individu. C’est à peu près la position d’un poulet devant le feu, lorsque la cuisinière négligente a oublié de remonter le tourne-broche. Du reste, si vous vous sentez assez rissolé sur un côté, vous vous retournerez sur l’autre ; en d’autres termes, vous remontez le tournebroche.

J’ai devant ma porte une ligne de tramways : toutes les deux minutes, il passe un wagon ; pour 10 kreut- zers (25 centimes), je me fais rouler dans toute la ville ou jusqu’au Prater. Vienne est la huitième ville où je rencontre des tramways, gt partout cette entre­prise a eu un succès immeùse. Dire que la France est le seul pays d’Europe où ce genre de locomotion soit inconnu ! Dire que Paris est réduit, sous ce rapport, à ce véhicule hybride qu’on appelle pompeusement le chemin de fer américain !

La capitale autrichienne est composée de villes concentriques. A l’intérieur, la cité aristocratique, les palais et les monuments, les grands hôtels armo­riés bordant des petites rues étroites et sombres; autour de ce noble quartier, le Ring, ceinture de

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