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Urkunden zur Geschichte des Suezkanals / von Georgi und Albert Dufour-Feronce
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A Messieurs P. Enfantin u. L. Arlès- Dufour.

Mes chers amis.

Leipzig, 19 février 1855.

Je regrette, que ma lettre à Negrelli n'ait pas eu votre approbation. Je l'ai communiquée à Sellier, qui était d'accord. Quand en 1846 et 1847 nous voulions continuer l'action com­mencée par le comité vous avez tout assuré. Pendant des années on n'a entendu parler de rien. Tout d'un coup les membres de notre comité sont informés par les journaux, qu'une concession est accordée, et par moi plus tard, que cette concession est entendue pour le comité, dont ils font partie et ils sont requis de verser des fonds pour couvrir les dépenses, que la section centrale a faites sans en avoir informé qui que se soit. Cela n'est pas régulier. Si vous voulez agir en autocrates, il est impossible, qu'on puisse marcher d'accord et collègialement. Une grande erreur est, que le groupe anglais n'ait jamais été constitué. Je crois que le vôtre ne l'est pas régulièrement. Car je ne connais que vous deux et Drosset, du moins jamais vous ne nous avez donné la liste de vos membres. Lisez l'acte de 1846 constituant la Société d'Etudes et vous verrez qu'aucune de ses clauses n'a été littéralement exécutée, excepté la for­mation du Groupe Allemand, dont la liste vous a été formelle­ment communiquée. Or pour une affaire d'une portée aussi immense, la base devrait être régulière, aussi pour la forme. En Allemagne nous tenons à ce que le canal se fasse, dans un intérêt humanitaire. Nous sommes loin, d'y attacher, les espérances de succès de fortune immense, que vous y at­tachez. S'ils en résultent, tant mieux, mais n'y comptons, pourvu que le canal se fasse. Or, croyez- moi, le canal ne se fera, que par l'Europe réunie avec l'Angleterre en tête. Il touche directement les intérêts les plus vitaux de cette puis­sance, il en menace même plusieurs. C'est donc par des in­fluences anglaises, qu'il faut combattre les intérêts anglais menacés. Avec la teinte exclusionnante française, qu'elle a en ce moment, elle est impossible. Si avec cette teinte l'Empereur Napoléon s'entête à faire le canal, la question pourra mener à une rupture avec l'Angleterre, mais le canal ne se fera pas.