Dokument 
Urkunden zur Geschichte des Suezkanals / von Georgi und Albert Dufour-Feronce
Entstehung
Seite
10
Einzelbild herunterladen

-

10

-

à tous, à moi surtout, le soin d'honorer leur mémoire en pour­suivant avec ardeur cette tâche, sous le poids de laquelle ils avaient succombé.

En 1833, Méhemet Ali, vice- roi d'Egypte, était préoccupé d'un projet colossal, le Barrage du Nil; il en avait chargé son ingénieur en chef, M. Linant.

Plusieurs d'entre nous s'offrirent comme volontaires pour travailler à cette entreprise; leurs services furent acceptés, et c'est sur le chantier même, que s'établit entre Linant et nous cette communauté d'espoir et de travail pour la réalisation de ces deux admirables projets de Napoléon, étudiés par la Com­mission d'Egypte, la Communication des deux mers Barrage du Nil.

et le

A la même époque, plusieurs d'entre nous faisaient ad­mettre leurs services, soit comme professeurs dans les écoles, soit comme médecins dans les armées; enfin tous se rendaient utiles et contribuaient, autant qu'il était en eux, à développer la sympathie naissante de l'Egypte pour l'Europe.

Les nécessités de la guerre forcèrent bientôt le vice- roi à suspendre les travaux du Barrage et aussi à porter une attention plus sérieuse sur la constitution de ses écoles. Le général Edhem Bey, ministre de l'instruction publique et l'illustre Soliman Pa­cha, major général des armées égyptiennes, avaient trop bien apprécié, dans l'affectueuse intimité, qu'ils nous avaient accordée, les services, que nous pouvions rendre à l'Egypte, pour ne pas saisir cette circonstance. Sur leur demande les écoles polytech­niques et d'artillerie furent fondées et placées sous la direction de Lambert et Bonneau. Le Corps des ingénieurs fut constitué et eut pour chef Linant; l'école de médecine fut réorganisée et Pirou fut mis à sa tête.

Depuis 7 années la jeunesse d'Egypte est donc sous la tu­telle d'hommes qui portent en eux, Messieurs, la grande es­pérance, qui vous réunit ici et qui était déjà profondément dans leur pensée, alors qu'elle ne pouvait être, aux yeux de tous, qu'un beau rêve.

A cette époque la plupart d'entre nous quittèrent l'Egypte; moi- même je rentrais en France; la terre était suffisamment labourée, préparée, le germe était semé. Il fallait d'ailleurs saisir de nouveau et sous de nouvelles formes l'Europe de cette