--
11
-
pensée, certains, que nous étions, de la voir se développer pour ainsi dire toute seule en Egypte, mais sans pouvoir y mûrir, tant qu'elle n'aurait pas été cultivée avec le même soin en Europe.
En effet, peu à peu la presse française s'inquiéta de la communication des deux mers comme d'une des plus hautes questions de politique internationale. Un projet de chemin de fer, patroné par l'Angleterre ne tarda pas à éveiller l'attention de l'Autriche et de la France. Des journaux, des livres propageaient, vulgarisaient avec une chaleur dont je vous livre en ce moment le secret, cette grande pensée de l'Union des deux mondes, de l'orient et de l'occident, des musulmans et des chrétiens, qui était le principe même, par lequel nous pouvions atteindre notre but.
Nous étions puissamment aidés dans nos efforts par le plus admirable évènement politique du siècle, par cette tentative généreuse que fait la France en Afrique pour unir en une même société des musulmans et des chrétiens, en un mot par l'Algérie. D'un autre côté l'Egypte, s'éveillant de plus en plus au désir de s'initier à la connaissance des sciences, des moeurs, de l'industrie de l'Europe, envoyait à l'occident les jeunes fils des beys, des princes, et cette génération nouvelle sortait des mains de nos amis restés en Egypte à la tête des écoles.
En même temps l'un de nous( Duveyrier) faisait en Angleterre et en France une minutieuse enquête sur la partie de la statistique commerciale, qui se rattache à la communication des deux mers. Deux autres( Arlès et Dufour) préparaient en Allemagne les moyens d'aborder, quand le temps serait venu, les principales puissances financières de ce pays. Moimême je pressais sans cesse nos amis d'Egypte de continuer leurs études, d'achever cet avant- projet, que j'ai mis sous vos yeux; et naguère encore un de nos amis( Plichon) partait de France et allait au Caire, hâter la copie et l'envoi de ces précieux matériaux.
Tout ceci, Messieurs, a été fait depuis 12 années sans qu'il y ait eu association financière spéciale entre les hommes qui y ont travaillé; sans que ces travaux aient été à charge à d'autres, qu'à celui, qui les faisait, sans qu'il vous soit demandé à vousmêmes de prendre autrement, qu'en considération morale la communication, que j'ai cru devoir vous faire de ces dévoue