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grosse ambition d'argent, surtout si la fonction avait quelqué importance d'avenir.
Vous savez sans doute par Duveyrier et par Arlès, combien le canal m'occupe et m'attache chaque jour davantage, non seulement par la pensée et les sacrifices, qu'il m'a coûtés et me coûte encore, mais par la satisfaction, qu'il me donne comme influence évidente de préparation des esprits à réaliser de véritables améliorations: quand viendra cette troisième phase inévitable de toute révolution où, après avoir d'abord constaté, ensuite légif éré, on réalise. Cette fois- ci, heureusement, ce ne sera pas comme en 93 la réalisation d'une destruction, ce sera celle d'une création.
Là enfin l'heure de Suez sonnera et j'espère bien que cette heure ne se fera pas longtemps attendre; à cette époque les années valent des siècles.
Mille amitiés!
Signé:
P. Enfantin.
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Paris, le 27 mars 1849.
Mon cher Dufour,
Je vous envoie aujourd'hui, par les soins de la maison Arlès, 5 nouveaux exemplaires du mémoire de Talabot et un rouleau contenant 10 exemplaires de la grande carte en quatre feuilles; veuillez en faire parvenir 5 exemplaires à Negrelli.
Je n'ai pas vu M. Georgi;*) j'ai reçu par la poste le 16 votre lettre du 2 qui m'annonçait son départ; il aura fait en Belgique un séjour plus long que vous ne le pensiez. Je regrette qu'il vienne après le départ d'Arlès, fixé à après- demain, jeudi. Vous savez que le séjour d'Arlès ici est toujours pour moi l'occasion, d'avoir plus de visiteurs, dont la connaissance aurait pu être agréable à M. Georgi; je ferai de mon mieux.
J'aurai bien voulu connaître votre opinion sur l'influence, que va exercer en Prusse, chez vous et dans les Etats du Rhin, la marche de la Russie vers le midi. Il me semble que les
*) Er war 1849 nach seinem Rücktritt vom Ministerium in Paris, und hat dort Enfantin aufgesucht, auch einmal getroffen.