Dokument 
Urkunden zur Geschichte des Suezkanals / von Georgi und Albert Dufour-Feronce
Entstehung
Seite
140
Einzelbild herunterladen

140

-

Cette manière de voir m'a mis dans le premier moment dans l'impossibilité d'écrire, quoique ce soit à qui que ce fût, si ce n'est à ma femme. Arlès de Lyon sera donc satisfait sous le rapport. J'aurais agi contrairement à ma nature, si dans un moment pareil je m'étais jeté au nez du président. Je n'ai songé qu'à la mission, dont j'étais chargé. Il m'a paru qu'elle acquerrait un plus grand degré d'importance dans la situation nouvelle, allaient à la fois se trouver Louis Napoléon et le pays et j'ai poursuivi mes recherches avec plus d'ardeur. Je m'applaudis beaucoup d'avoir prolongé mon séjour à Vienne et je crois que les documents et les impressions, que j'ai rapportés auront plus d'utilité que je n'attendais de mon voyage entier en quittant Paris. Mais vous en serez bientôt juge, car le moment de mon retour approche. Je n'ai plus ici qu'à recueillir des pièces et des notes qu'on m'a préparées en mon absence et à faire mes malles. Vous me reverrez donc avant la fin de la semaine qui suivra.

En attendant je veux vous donner de suite l'opinion de M. de Bruck sur l'affaire du canal. En me chargeant de vous faire ses amitiés, voici comment il a résumé tout ce que nous nous étions dits sur le sujet.

Le chemin de fer, loin de nuire au canal, doit lui être favo­rable. C'est ainsi qu'il l'a envisagé dès qu'il a été sur le tapis. Aussi n'a- t- il pas poussé le cabinet autrichien à faire de l'oppo­sition à l'Angleterre à Constantinople dans cette affaire. Il croit que l'affaire du canal, pour son plus prompt succès, doit dormir pendant un an, le temps nécessaire pour que les travaux du chemin de fer soient commencés et l'entreprise elle- même assez enracinée dans le sol, pour que l'idée d'en empêcher la conclusion ne puisse entrer dans l'esprit de personne. Alors on pourra recommencer les démarches. Le chemin de fer deviendra un antécédent et un argument également favorable à la commu­nication directe par eau.

Maintenant il doute fort, que le canal doive couper l'Isthme de Suez. Le réseau des chemins de fer indiens qui doit couper la péninsule, unir Bombay, Delhy et Calcutta lui paraît changer l'importance des différentes places. Le Gouvernement l'indique déjà en transportant au nord- ouest, en terre ferme, le siège des administrateurs. Il croit que le centre commercial mondien sera aussi déplacé et passera de Calcutta à Bombay. Dès lors la