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Urkunden zur Geschichte des Suezkanals / von Georgi und Albert Dufour-Feronce
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bien. Tout en les laissant faire, il me faut pourtant avoir l'œil sur eux pour les guider quand il y a lieu.

Gromont, peu heureux comme Salisman, est parfait pour l'exécution de commissions minutieuses, comme celle des Ita­liens.

Ma famille est pour une quinzaine de jours à Park Hill. Ferdinand a sousloué chez Sults, je puis aussi demeurer par interim dans les temps je n'ai pas à Londres d'autres appar­

tements.

Que faites- vous pour Suez? Le moment actuel me paraît unique pour reprendre cette affaire.

La France, l'Angleterre et l'Autriche alliées; M. de Bruck, le plus chaud partisan de l'affaire, Internonce à Constantinople; avant la guerre et par la guerre, une rareté de navires, qui fait sentir la nécessité de raccourcir le trajet de l'Inde et de l'Australie; les Américains menaçants et plus disposés que jamais, à faire passer le centre du commerce du monde d'Europe en Amérique; enfin une récolte magnifique, qui assure pour l'année courante l'abondance de fonds nécessaires à toute grande entreprise.

Je dis les Américains menaçants, c'est- à- dire qu'il se per­mettent tout, témoin l'affaire de Greytown; je m'attends à quelque chose pour Cuba avant peu et, s'ils terminent le canal de Pa­nama avant que l'Europe ait fait Suez leur présomption et leur jactance n'aura plus de bornes et forcera l'Europe à leur faire la guerre, qui engloutira dix fois plus de millions, que ne coûterait un canal, quelles que doivent être les difficultés.

Ici on recevait il y a 8 ans froidement l'idée du canal de Suez, tout le monde sent maintenant, que le canal est le seul moyen à opposer aux progrès excessifs de l'Amérique. Il faut par le canal nous rapprocher d'une moitié du Globe.

Vous avez oublié Suez depuis plusieurs années, comptant que Talabot s'en occuperait. Erreur! Talabot est mathématicien en pratique comme en théorie. Il attaque la besogne qui est prête, mais il n'a ni temps ni envie de s'occuper de celle, qui ne fait que se préparer. Stephenson est dans le même cas. Sur nos trois ingénieurs il n'y a que Negrelli, qui n'a jamais perdu de vue Suez et encore n'est- ce, que parce que, en qualité d'ingénieur du Gouvernement, il a toujours été poussé par M. de Bruck.