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tion, cela ne nous inquiète pas. Certainement le moment est opportun, il faut le saisir.
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Tu as raison de dire qu'il faudrait arriver avec une compagnie formée. Je regrette, que dans le temps on n'ait pas suivi le plan d'émettre des scrips ou promesses d'actions n'engageant le porteur qu'au versement de 12% de suite et 1/2% à la première demande. Une pareille Société formée au capital de 5 millions L. Sterl. aurait$ 28000 de versés et la pareille somme à demander, pour appuyer ses plans. Avec cela on aurait pu se présenter. Dans ce moment je crois difficile de former une Société de cette nature, mais crois- moi, c'est la seule manière d'engager peu à peu les gens, à se lier par intérêt à la chose et ce n'est que quand il y aura des gens qui, espérant gagner si l'affaire marche, ou perdre si elle venait à manquer, ce n'est que quand la spéculation s'en mêlera, que Suez se fera. Les Gouvernements ne feront pas Suez, si le public ne le fait pas. Moins que jamais ils ne le feront avec cette maudite guerre sur les bras, que je crains bien ne pas voir finir encore, malgré les revers de Nicolas, qui sait trop bien, que personne n'ira jouer le troisième acte de Charles XII et de Napoléon I.
Dans ce moment je suis trop occupé pour voir qui que ce soit au sujet de Suez. J'ai un pied à Greshamstreet l'autre à Addlestreet et ce ne sera pas avant samedi que nous serons bien installés.
J'attends le mémoire d'Enfantin. Tu pourras le donner à Ferdinand*), qui te fera une courte visite à Paris dans quelques jours où il passera à son retour de Weinheim où je l'ai envoyé pour quelques jours en holidays, parce qu'il travaille trop pour n'avoir pas besoin de prendre l'air de temps en temps.
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Lesseps an General- Consul Huber.
Caire, le 2 décembre 1854.
Monsieur le Consul Général!
Je vous ai donné connaissance du projet du Vice- Roi de faire percer l'Isthme de Suez par un grand canal maritime et
*) Dater des Mitherausgebers.