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Percement de l'Isthme de Suez : exposé et documents officiels / par M. Ferdinand de Lesseps
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et des vases, et les parties dures sont arrondies en galets, dont le volume diminue de plus en plus par l’action prolongée de la force qui les met en mou­vement et qui les réduit en sable; mais au fur et à mesure que ces matières parviennent à un état suffi­sant de ténuité, elles deviennent susceptibles d’obéir à la force de transport des ondes et des courants, et quittent la place oit elles ont été formées.

Cette force de transport dépend et de la gran­deur des marées et de la direction des vents ainsi que de leur intensité combinée avec celle des cou­rants qu’on observe dans toutes les mers. Ainsi, pen­dant que des niasses considérables de matières sont mises en mouvement le long des rivages, les fleu­ves, surtout ceux d’une grande étendue de par­cours, ne transportent jusqu’à leur embouchure que des matières vaseuses tellement légères qu’elles sont entraînées au loin et ensuite déposées dans la profondeur de la mer. C’est ce qui arrive notam­ment pour le Nil, dont les eaux se distinguent, à l’é­poque de l’inondation, à plus de dix lieues en mer à cause de leur couleur. Tous les dépôts et atterris­sements du fleuve jusqu’à 20 kilom. au-dessus de son embouchure sont vaseux, tandis que tous les bancs qui sont à son embouchure ne sont compo­sés que de sable.

Ainsi les encombrements de l’embouchure du Nil proviennent évidemment de la mer. Pour le dé-