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A la société d'études du Canal de Suez
No. 34 rue de la Victoire, Paris.
Leipzig, le 10 février 1847.
Votre lettre du Ict. m'est bien parvenue. J'ai vu avec plaisir que la constitution de notre Société a été declarée à la première réunion officielle du lundi, I er ct. Nous attendons avec un vif intérêt la liste des personnes qui auront été admises à former les groupes anglais et français.
M. Stephenson ayant obtenu des cartes si complètes de Suez et des sondages exacts de la Mer Rouge, l'expédition d'ingénieurs sera- t- elle nécessaire de ce côté pour le moment, ou ne suffirait- il pas que ce point fut examiné l'automne prochain quand les trois ingénieurs seront en Egypte voilà une question, qui aura sans doute été examinée à votre conférence.
J'ai vu à grand regret, que M. Talabot veut remettre au mois d'août ou septembre l'expédition de son escouade de niveleurs. Tout en appréciant l'avantage qu'il y aura à ce que les niveleurs soient en Egypte en même temps que les trois ingénieurs, je suis sûr que nous regretterons de ne pas avoir fait établir ces travaux cet hiver, si l'on persiste à les remettre.
Voici mes raisons:
10). Ce sont les travaux de nivellement qui attireront le plus d'attention en Egypte et qui pourraient facilement être entravés par le gouvernement si des indiscrétions de la presse faisaient prématurément parler de nos plans chez le Pacha. Il convient donc de les terminer le plus tôt possible.
20). Le terrain au nord des Lacs Amers paraît montagneux; ce sera donc la partie la plus difficile du canal. Le terrain déterminera le point où le canal devra déboucher dans la Méditerrannée. Or que voulez- vous que les gens de M. Negrelli puissent faire s'ils n'ont aucune données sur le point ou les points où on pourra faire déboucher le canal?
Ils feront leurs investigations et choisiront peut- être un point qu'ils trouveront le plus convenable pour l'établissement d'un port, mais auquel il serait impossible ou très difficile de faire déboucher le canal.