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Rapports publiés par le Ministère de l'agriculture et du commerce, Direction de l'agriculture, 1874 : l'agriculture à l'exposition universelle de Vienne / par M. Eugène Tisserand,... ; Ministère de l'agriculture et du commerce.
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ÉTATS-UNIS.

à peine celui de l’exposition Suisse et était bien inférieur à celui qui était attribué à l’Angleterre, à l’Allemagne, à l’Autriche, à la France et à la Russie ; la Turquie et l’Italie avaient chacune le double d’étendue affectée à leurs matières premières et à leurs denrées manufacturées.

Dans le Palais des produits de l’industrie, les États-Unis cou­vraient l,358 mc chemins compris, et dans le grand bâtiment des machines industrielles, 1,250 mètres carrés. Enfin leurs machines agricoles occupaient à peine 100 mètres carrés dans le pavillon oriental de l’agriculture. C’était en tout 2,708 mètres carrés ou 1 mètre par 300,000 hectares de superficie.

Ce fait n’a pas lieu de surprendre : le peuple des États-Unis est essentiellement réaliste ; il ne se paye jamais de mots, ni de dé­monstrations vaines. Les petites satisfactions de l’amour-propre comptent pour peu avec lui; l’ostentation ne le touche qu’autant qu’elle peut lui être d’une utilité immédiate ou prochaine, et lui rapporter quelque chose ; aussi son exposition contrastait-elle sin­gulièrement avec celles de beaucoup d’autres pays qui ont en­combré leurs galeries de collections de musées, d’objets de curiosité, de reliques ou de trésors plus ou moins riches, plus ou moins rares, et cela uniquement pour exciter l’admiration des visiteurs.

Tout ce qui se voyait dans l’exposition américaine avait au con­traire un but bien marqué ; il ne s’y trouvait rien qui ne portât. On y rencontrait les machines et les matières premières qui sont l’ob­jet d’un grand commerce ou qui sont susceptibles de devenir une branche importante d’exportation ; on y trouvait encore tout ce qui peut frapper l’imagination des visiteurs d’une façon favorable, leur inspirer l’envie de se fixer au milieu des contrées qui pro­duisent de si merveilleuses richesses et par suite entretenir ou accroître ce courant formidable d’émigrants qui enlève régulière­ment chaque année à la vieille Europe une partie de ses enfants et de ses forces vives (1).

(1) De 1820 à 1870, le nombre total des émigrants arrivés aux États-Unis a été de 7,500,000, représentant une valeur de 42 milliards du capital le plus précieux