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Rapports publiés par le Ministère de l'agriculture et du commerce, Direction de l'agriculture, 1874 : l'agriculture à l'exposition universelle de Vienne / par M. Eugène Tisserand,... ; Ministère de l'agriculture et du commerce.
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to6 LÀ GRANDE-BRETAGNE ET LES COLONIES ANGLAISES, des capitaux, et par le besoin qui a amené la transformation de l’outillage dans toutes ses parties et l’emploi d’une masse considéra­ble d’éléments de fertilité. Dans les colonies, ils doivent leur ori­gine aux capitaux encore, mais en appliquant ceux-ci à la culture extensive ; ils la doivent enfin aux institutions libres, à la possibi­lité d’acquérir aisément la terre, à l’absence de toute réglementa­tion inutile dans l’achat et la jouissance du sol. Le grand stimulant de la colonisation aux États-Unis a été le profit de la culture du colon et du tabac; c’est la laine qui a amené l’abondance et cons­titué la base la plus solide du développement de l’agriculture austra­lienne.

Et cependant, malgré son énorme production, l’agriculture britan­nique ne peut parvenir à suffire aux besoins de la consommation intérieure. Sa population ne peut vivre qu’en tirant du dehors une grande partie de ses moyens de subsistance; 10 à 12 millions de ses habitants doivent être nourris entièrement par l’étranger. L’an dernier, elle était obligée d’acheter à l’étranger pour deux mil­liards de grains et de viande; chaque année voit croître le chiflre de son importation (1). Il y a là un fait grave, digne de méditation et sur lequel nous reviendrons dans un prochain travail.

(1) Les importations de la Grande-Bretagne ont été, en 18*3, de 36,250/00 hec­tares de froment et 500 millions de kilogrammes de pommes de terre et autres farineux alimentaires, représentant, en tout, une valeur de 1,250 millions de francs.

Les viandes et animaux introduits se sont élevés comme valeur à 75'» millions. La production des Iles Britanniques a été, dans la même année, de 27,550,000 hec­tolitres de froment, d'où il suit que la consommation actuelle de ce pays est de 218 litres de blé par tête et par an ; en 10 ans, elle s’est augmentée de 18 litres.

La population augmentant de 250,000 âmes par an, il faudrait, pour que la culture pût suffire, quelle eût un accroissement normal dans sa production annuelle de 580,000 hectolitres de froment.