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Rapports publiés par le Ministère de l'agriculture et du commerce, Direction de l'agriculture, 1874 : l'agriculture à l'exposition universelle de Vienne / par M. Eugène Tisserand,... ; Ministère de l'agriculture et du commerce.
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MACHINES AGRICOLES. 35

cette donnée et en évaluant à 8 francs seulement, ce qui est plu­tôt au-dessous qu’au-dessus de la vérité, le prix de la journée d’homme, les États-Unis feraient, par l’emploi des moissonneuses et des faucheuses, une épargne de 24 millions par jour.

La fauchaison des prairies, la moisson des céréales durant, en Amérique, 60 jours en moyenne, l’économie annuelle serait de 1,440,000,000 de francs ou de 14 milliards et demi en 10 ans ! A cette énorme somme, il convient d’ajouter les avantages qui résultent de la coupe rapide des céréales en temps opportun, le grain sauvé et le profit du travail des 3 millions d’hommes devenus disponibles pour d’autres branches de la production.

Ces avantages n’existeraient-ils pas, que les moissonneuses et les faucheuses rendraient, même si leur travail coûtait plus cher, un service inappréciable aux États-Unis, puisque sans elles les cultiva­teurs seraient dans l’impossibilité absolue, faute de bras, de dévelop­per leur culture et de produire les 100 millions d’hectolitres de fro­ment qu’ils récoltent et qui, en partie, viennent à notre aide dans les mauvaises années. On doit comprendre par là toute l’importance qu’attachent les Américains à ces appareils. Les inventeurs en ont fait leur machine de prédilection et leur esprit est continuelle­ment exercé à trouver les moyens propres à les améliorer; aussi rien n’égale le fini, l’élégance, le luxe déployés dans leur construc­tion. Les machines qu’ils ont exposées dans leur Hall, leurs modè­les surtout, étaient de véritables bijoux façonnés et polis avec un goût véritablement artistique.

Il y a un fait qui domine tout l’ensemble de cette exposition, c’est la tendance, dans les États-Unis, à faire des machines combi­nées c’est-k-dire des machines à deux fins, pouvant faire la fau­chaison des prairies naturelles et artificielles et servir ensuite à la moisson des céréales, moyennant certaines dispositions faciles à exécuter (adaptation d’un système de râteaux javeleurs) ; c’est le contraire de ce que les inventeurs recherchent en Europe. Les cultivateurs américains préfèrent un seul et même appareil pour faucher leurs prairies et couper leurs céréales sauf à Fuser plus vite et à le renouveler plus fréquemment. Ils ont évidemment pour