Dokument 
Rapports publiés par le Ministère de l'agriculture et du commerce, Direction de l'agriculture, 1874 : l'agriculture à l'exposition universelle de Vienne / par M. Eugène Tisserand,... ; Ministère de l'agriculture et du commerce.
Entstehung
Seite
150
Einzelbild herunterladen

150 LA GRANDE-BRETAGNE ET LES COLONIES ANGLAISES, du quinquina, cette plante précieuse qui allait nous manquer. Mais ou ne change pas du jour au lendemain le génie d'un peuple de 100 millions d’individus, qui compte 50 siècles d’existence; aussi, par sa masse, l’Hindou domine-t-il encore partout avec ses goûts et son induslrrie. Ses métiers représentent l’enfance de l’art : c’est toujours l’outil à main, informe et grossier qu’on y rencontre; la conception mécanique fait complètement défaut, le travail de l’homme pourvoit à tout. L’exposition, â ce point de vue, présentait une intéressante collection d’instruments servant dans les Indes anglaises pour la culture du sol; la charrue, la herse, les rouleaux, les semoirs en ligne et les houes s’y trouvaient, mais à l’état rudi­mentaire. Ils doivent remonter aux premiers âges de la civilisation et s'être transmis religieusement de génération en génération.

C’est à l’Occident et surtout dans l’Océanie que le génie colo­nisateur des Anglais s’est manifesté dans sa toute puissance. Le développement de la colonie australienne peut être comparé à celui des États-Unis : les conditions du progrès étaient les mêmes, les résultats ont été semblables. Ainsi ce continent qui nous était encore inconnu il y a un siècle, qui se trouvait entre les mains des peuplades sauvages les plus sanguinaires et les plus dégradées, qui, il y a 35 ans, n’était encore qu’un lieu de déportation pour les cri­minels de la pire espèce, est devenu une puissante colonie; les premiers émigrants ont trouvé l’or sous leurs pieds, et le premier capital, si indispensable pour tout établissement nouveau, a été constitué ; ceux qui les ont suivis n’ont pas été moins heureux : ils ont rencontré un marché avantageux, des salaires énormes, d’im­menses espaces, de fertiles terres à blé, des coteaux propres à la culture de la vigne, des herbages favorables à l’élevage des mou­tons : avec de l’or et de l’espace l’avenir était assuré; il a dépassé toutes prévisions.

Les colonies australiennes de l’Angleterre comptent une super­ficie de 668 millions d’hectares et une population de 1,917,000 âmes; il y a 9 ans, cette population était de 1,166,000 habitants. Elle s’est donc accrue de 64.3 p. 100 ou de 7 1/2 p. 100 par an ! Le dévelop­pement des cultures y a suivi les allures que nous avons constatées