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Rapports publiés par le Ministère de l'agriculture et du commerce, Direction de l'agriculture, 1874 : l'agriculture à l'exposition universelle de Vienne / par M. Eugène Tisserand,... ; Ministère de l'agriculture et du commerce.
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ALLEMAGNE.

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Médailles de mérile.

Mentions honorables

L'agriculture allemande doit le développement qu’elle a pris depuis un certain nombre d’années à plusieurs causes. L’action énergique, constante, des sociétés locales et provinciales, peut compter parmi celles qui ont agi de la façon la plus active; ces sociétés, au nombre de 1,947 comprenant plusieurs centaines de mille membres, qui, disposant de ressources considérables (1), em­brassent le pays entier dans leurs ramifications et font une propa­gande incessante en faveur du progrès; mais l’Allemagne doit sur­tout l’état prospère de sa culture à son enseignement agricole, qui présente à tous les degrés l’organisation la plus complète. Cet en­seignement, fonctionnant sans relâche depuis soixante-dix ans, a répandu sur tous les points du territoire un grand nombre de pro­priétaires instruits et aptes à diriger le mouvement agricole ; des fermiers capables de les comprendre et de s’associer à leur œuvre, et des praticiens en état de les seconder, de faire l’application des meilleures méthodes et de réaliser les améliorations possibles.

L’enseignement agricole date en quelque sorte des grands revers de la Prusse; c’est l’année même d’Iéna que l’agronome Thaer fonda Mœglin, lorsque la Prusse était réduite à une province et ne comptait plus que 7 millions d’habitants. L’Académie royale de Saxe fut créée à Tharandt, près de Dresde, en 1811 ; le célèbre institut agronomique de Hohenheim (Wurtemberg) fut organisé et ouvert peu de temps après, suivi bientôt à son tour par l’établisse­ment de l’école de Schleisheim, près de Munich.

Les Allemands avaient pris l’idée des écoles techniques en France; ils surent, grâce à leur persévérance, développer l’insti­tution et en tirer les meilleurs résultats ; les maux de la guerre disparurent vite et l’art agricole se mit à refleurir avec la diffusion de l’instruction professionnelle. M. Boussingault avait fait dans sa

(l) La Prusse seule compte 819 associations agricoles, avec 110,000 membres et un budget de plus de 1 million de francs. La Saxe, qui est grande comme 3 ou 4 départements français, en.a 302 avec une dotation relativement plus forte encore.